-->
Affichage des articles dont le libellé est politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est politique. Afficher tous les articles

mardi, juin 28, 2011

Moue millimétrée

On pourrait presque en rire. L'équipe de TF1, pardon, sous-traitante de TF1 (1), qui filme une attachée de presse d'Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes, jouant les mères de famille dépassées, cette équipe n'imagine-t-elle pas une seconde que la supercherie sera découverte à la seconde même de la diffusion du reportage ? L'attachée de presse du président doit tout de même être un peu connue parmi les élus du conseil général, y compris les élus d'opposition ! Jusqu'à la justification des bidonneurs, aussi confondante que le reste: "une maman devait témoigner, elle n'est pas venue", a expliqué (2)le directeur de la communication du conseil général. Traduisons: le conseil général avait réquisitionné une authentique mère-dépassée-ne-voyant-d'autre-solution-que-la-suppression-de-ses-allocations. Mais, sans doute dépassée par la situation, elle ne s'est pas présentée. Sublime aveu: il fallait que la mère dépassée colle parfaitement au casting des mères dépassées. Elle devait être dépassée, oui, mais juste ce qu'il faut, pour coller au scénario, et justifier la moue millimétrée de Pernaut, au retour plateau (ledit Pernaut, dans ses "excuses", a d'ailleurs oublié un précédent, comme nous le signalions hier (3)).

Reste un mystère: puisqu'ils savent que la supercherie sera découverte, pourquoi la commettent-ils tout de même ? Une seule hypothèse: tous les protagonistes, équipe de tournage, attachée de presse, tous ont si bien interiorisé qu'un JT n'est que mise en scène, casting, et illustration de scénarios pré-écrits, ils ont si bien intégré leur rôle de fournisseurs de témoins plus ou moins douteux (notre dossier complet est ici (4)) qu'ils ne se soucient même plus des quelques grammes de "réel", qui doivent tout de même cautionner l'ensemble du produit. A vivre dans la fiction, on oublie le réel. L'affaire rappelle la savoureuse affaire de la fausse femme de polygame, inventée par Le Point (5). Elle rappelle aussi les mises en scène (6) de "La cité du mâle", documentaire d'ARTE qui présentait tous les jeunes d'une cité comme des machos. Puisque ces cancres, machos et polygames, ne collent pas assez avec l'image que nous souhaitons en donner, alors retouchons, mettons en scène les cancres, machos et polygames.

La télé n'a pas le monopole des truquages. Les ministres s'y entendent aussi très bien. Il y aura fallu plus d'un mois (7), de persévérance de la rubrique Désintox de Libé, mais c'est fait (8): poussée par les syndicats, la direction de l'INSEE a fini par démentir le mensonge du ministre Guéant, qui avait affirmé que les deux tiers de l'échec scolaire en France étaient imputables aux enfants d'immigrés. Là encore, mystère: pourquoi le mensonge originel de Guéant, pourquoi sa persévérance dans le mensonge, jusqu'à aller faire porter des droits de réponse à Libé, par motard officiel ? Conviction sincère de sa bonne foi ? Certitude de l'impunité ? Douce habitude des petits mensonges, jamais démasqués ? Allez savoir. Reste aussi une autre question: est-il bien nécessaire de se battre ? De fait, le rectificatif de l'INSEE n'aura jamais le quart, le dixième de l'impact d'une parole ministérielle, et même Libé d'aujourd'hui préfère consacrer sa manchette à coller à l'agenda de Martine Aubry, plutôt qu'à cette victoire sur Guéant. Est-ce donc bien la peine de se battre ? Oui. Et de toutes manières, il n'est pas d'autre choix, face à l'avalanche des mises en scène et des mensonges, que de coller aux faits, même loin des gros titres, et des projecteurs. Et faire ensuite confiance à toutes les bonnes volontés, pour porter cette victoire, où elle doit être portée.
Daniel Schneidermann

vendredi, juin 24, 2011

Une nation de schizophrènes ?

Un sondage TNS-Sofres a été réalisé fin octobre pour essayer de décrypter le complexe rapport des Français à l'économie et à l'entreprise. Le résultat en est troublant.  Il a été demandé si certains mots évoquaient des valeurs positives ou négatives. Certains termes sont sans surprise des valeurs-repoussoir: mondialisation, capitalisme, profit, libéralisme (avec respectivement 73, 72, 56 et 53% d'opinions négatives). D'autre résultats sont plus surprenants: la nationalisation est majoritairement une valeur négative tout comme le protectionnisme (52%/48%), l'entreprise privée (28% négatif) est mieux vue que l'entreprise publique (33%) et que l'administration (51%). Enfin, les valeurs travail/argent/consommation sont plébiscitées (84%/71%/66% de positif) mais aussi... le temps libre (94% de positif). On peut dire que ces simples attributions sont bourrées de paradoxes: le libéralisme est majoritairement repoussé mais les nationalisations aussi (retour du "ni-ni" ?) et, plus surprenant, les Français ont plus confiance dans le privé que le public. Le capitalisme et le profit sont conspués mais pas l'argent et la consommation. Le travail est une valeur-refuge (une des explications de l'élection de Nicolas Sarkozy?) mais le temps libre aussi (donc a priori pas de remise en cause des 35h).

Ces multiples paradoxes montrent que les français sont perdus. Mais surtout qu'une dichotomie (voire schizophrénie) croissante s'opère entre l'individu-consommateur qui ne veut pas changer son mode de vie (consommation, protection de l'Etat, pollution) et l'individu-citoyen qui ne veut pas subir les conséquences des actes de l'individu-consommateur (capitalisme effréné, taxes, dégradation de l'environnement).
Les sentiments à l'égard de l'entreprise sont eux aussi paradoxaux. Dans le même sondage, on apprend qu'une majorité de Français pensent que les écarts de salaire sont trop grands, que les intérêts des patrons et des entreprises sont massivement divergents de ceux des salariés ou encore que la politique gouvernementale est très fortement favorable aux entreprises au détriment des salariés. Le lien semble donc durablement dégradé. Notons également qu'une majorité de français ne fait pas confiance aux syndicats pour les représenter. Seuls contre tous donc.
Si l'on détaille les résultats, ce constat est à nuancer. D'abord, il y a une très forte disparité selon la taille des entreprises. Plus l'entreprise est grande, plus les salariés ont le sentiment que les intérêts société/patrons/salariés sont divergents (61% dans les TPE, 27% dans les grands groupes). Ce qui se traduit par une appétence pour les actions revendicatives des plus softs (travailler moins) aux plus dures (grève, dégradation, séquestration) plus grande dans les grands groupes. De même, le degré de fierté, de confiance, d'attachement est beaucoup plus fort dans les TPE.
Ce qui est beaucoup plus surprenant, c'est la position des fonctionnaires. Dans des proportions très fortes, ils jugent que l'Etat-patron sait moins s'adapter, se soucie beaucoup moins de leur sort qu'un patron du privé et même... que leur employeur est peu solide (% moindre que parmi les salariés des TPE!). Les fonctionnaires considèrent également que leur sécurité de l'emploi est plus faible que les salariés du privé. Enfin, les slogans sarkozyens fonctionnent puisqu'une majorité de français considèrent qu'ils sont prêts à "travailler plus pour gagner plus" (53%).
Un sondage CSA-Anact-France Info-la Tribune de 2006 fournissait lui aussi son lot de surprises. Sur un autre angle, il nous apprenait que les travailleurs précaires (CDD voir intérimaires) se sentaient plus impliqués, plus reconnus et pensaient avoir plus de possibilités d'évolution que les CDI. L'article de Libération de l'époque concluait par: "Finalement, et contre les idées reçues, le salarié «type» le plus heureux (envie de travailler, reconnaissance, autonomie et climat social) est titulaire d'un CDD, travaille dans une entreprise de moins de 20 salariés située en province et occupe (fait plus logique) un poste d'encadrement ou de «profession intermédiaire»".
Incroyable France qui vilipende le libéralisme et le capitalisme mais ne fait aucune confiance à sa fonction publique. Incroyable France qui dénonce la précarité à tout bout de champ et s'arcboute contre tout changement du contrat de travail mais où les CDD se sentent mieux que les CDI, où les salariés de TPE se sentent plus motivés, reconnus et plus... protégés que les fonctionnaires.
Dans ce contexte, il paraît très complexe, pour un gouvernement de droite comme de gauche, de dégager un consensus ou même une majorité a minima sur une politique économique claire, lisible et qui ne soit pas une politique court-termiste, des petits pas ou du "zig-zag". Le modèle français est aujourd'hui écartelé entre une fonction publique puissante mais insatisfaite et non-motivée (pour maintes raisons, la mauvaise gestion RH de l'Etat n'y étant pas pour rien), des grandes entreprises qui se rapprochent de cet état d'esprit, un tissu de TPE/PME avec des salariés plus investis mais qui reste fragile et peine à se développer, un système de protection (contrat de travail) qui freine l'économie mais ne semble pas satisfaire ses bénéficiaires, une adhésion des salariés à la valeur travail mais aussi à la valeur temps libre et enfin une schizophrénie entre la volonté de consommer et le rejet des fondements de la société de consommation. Une refondation de ce modèle s'impose. Espérons que ce sera un des enjeux de la prochain présidentielle.

Un homme de gauche peut-il être riche?

Stupéfiés, accablés, révoltés, les Français assistent, à l’occasion de «l’affaire Bettencourt-Woerth», à la mise à nu d’une part constitutive de l’identité de la droite : la consanguinité du monde des «riches» et de celui des «puissants», le rapport incestueux entre le pouvoir et l’argent, le déni - d’un tel cynisme qu’il tourne à la naïveté - de ce qu’est un conflit d’intérêt. Ce qui rend la situation actuelle grosse de dangers pour le pouvoir, ce n’est pas le seul dévoilement de cette réalité, ni même que cette révélation intervienne alors que la crise économique et sociale est profonde, mais le fait que le pouvoir, tournant le dos à ses engagements, pratique une politique injuste et contraire aux promesses accordées. Dernier élément du puzzle à se mettre en place, cette affaire permet à tous de saisir le sens de ce qui s’est passé depuis 2007 : un mensonge de campagne suivi d’une volte-face. Elle permet de dessiller les yeux les mieux fermés. La colère, froide pour l’instant, monte dans le pays.
Toutefois, une question de fond soulevée par cette affaire concerne la gauche. Une question délicate : celle du rapport à l’argent, qui se double de celle du rapport de l’élite au peuple. Différentes formulations en sont possibles : un homme politique de gauche peut-il être riche ? Peut-il être lié à des personnalités fortunées ? La possession ou la fréquentation de l’argent disqualifient-elles un homme, ou une femme, de gauche pour solliciter les suffrages de ses concitoyens et exercer le pouvoir ? L’appartenance à l’élite, notamment financière, d’un pays est-elle rédhibitoire pour qui veut représenter la gauche et son peuple ? On ne peut plus écarter ces interrogations en invoquant l’histoire et en rappelant que, de Léon Blum à Lionel Jospin en passant par François Mitterrand, le Parti socialiste et la gauche se sont toujours donné des leaders issus de la bourgeoisie et jamais du prolétariat. Car l’époque n’est plus la même, les temps ont changé.
La mondialisation n’a pas seulement transformé la nature du capitalisme en conférant à la finance un poids démesuré et pour tout dire irrationnel ; elle a fait exploser de façon indécente les rémunérations des chefs d’entreprise, dissous bien des repères politiques et moraux, effacé les frontières entre sphères publique et privée, estompé celles entre dirigeants d’Etat et patrons de multinationales, accru la tentation de l’enrichissement rapide - y compris pour des responsables politiques qui ne sont que des hommes… Les cas symptomatiques de Tony Blair et Gerhard Schröder illustrent cette dérive. En tombant là où ils penchaient depuis longtemps, les avocats de la «Troisième voie» et du «Neue Mitte» ont donné raison a posteriori à ceux qui ont éprouvé une méfiance immédiate à l’égard de leurs projets et de leur rhétorique et qui ont combattu leurs tentatives pour subjuguer l’ensemble de la social-démocratie européenne. Ils ont surtout mis en lumière la perversion de notre époque qui voit d’anciens chefs de gouvernement «de gauche» accumuler en quelques années une fortune en monnayant son carnet d’adresses.
Délicate et légitime, donc, cette question a été récemment abordée dans ces mêmes colonnes par Jacques Julliard, lorsqu’il a postulé qu’en 2012 la gauche ne saurait être conduite à la bataille présidentielle par un membre de «l’establishment financier» (Libération du 18 janvier 2010), ce qui fut interprété comme un appel au boycott de l’éventuelle candidature de Dominique Strauss-Kahn. La réponse à cette question peut être envisagée en trois temps.
Le temps politique. Ce qui compte, ce sont d’abord les projets et les programmes adoptés, les actes posés, les politiques conduites. Un homme politique de gauche est un homme qui prend des engagements de gauche et qui agit à gauche. Sa fortune personnelle, celle de ses amis ou de ses relations, son mode de vie ne sont pas sans intérêt ou sans conséquences, mais ils sont et doivent rester seconds dans l’appréciation politique que l’on porte sur lui. La sincérité d’un engagement ou la force d’une conviction ne peuvent se mesurer à la seule aune d’un compte en banque.
On peut certes comprendre que la richesse soit suspecte à ceux qui défendent le sort des plus faibles d’entre nous. Mais il serait contraire à l’idéal de la gauche de condamner par principe un homme pour sa position sociale, qu’elle soit de naissance ou acquise, tout comme il serait illusoire de considérer qu’un homme du peuple soit mécaniquement de gauche. Soyons vigilants sur les prises de position, les analyses, les propositions politiques de chacun et critiquons-les, combattons-les lorsque cela est nécessaire. Jugeons les hommes sur ce qu’ils disent et font et non sur ce qu’ils sont ou sur ce que nous pensons qu’ils sont. De même, la vie des hommes est ainsi faite que chacun peut avoir un ami qui soit riche ou qui le devienne. Devrait-on renoncer à une telle amitié parce que l’on est engagé à gauche ? Là encore, ce qui importe ce sont la vigilance et le respect de règles de comportement.
Une morale de comportement. L’éthique constitue précisément le deuxième temps de cette réflexion. La question de la compatibilité entre l’argent et la gauche renvoie ici à celle de la distance. En l’occurrence, la distance qu’il faut savoir mettre, lorsqu’on est un responsable politique de gauche, entre soi et l’argent - et ceux qui le détiennent. Cela ne signifie pas l’interdiction de vouloir progresser socialement, de chercher à mettre les siens à l’abri du besoin, ni même de s’enrichir. Pas davantage la condamnation du monde de l’entreprise, dont la finalité reste pourtant le profit. Cela veut dire que dans la relation, inévitable, que nous entretenons tous avec l’argent il faut savoir conserver une distance, la distance qui permet de rester libre. Libre de ses appréciations, de ses choix, de ses décisions. Une tâche difficile, car, par définition, chacun y est son seul juge. Elle n’en est que plus indispensable.
La démarche personnelle. C’est encore de distance qu’il s’agit, mais de façon inversée cette fois. Un responsable politique de gauche doit absolument garder le contact avec les classes populaires - jeunes, chômeurs, ouvriers, employés - qui représentent la raison d’être de son action et qui devraient constituer le cœur de son électorat. Même - et en fait surtout - si le fil de sa vie l’entraîne au sein de l’élite, il doit tout mettre en œuvre pour préserver et faire vivre son lien avec le peuple. Il ne s’agit pas de nier les différences de revenus et de positions sociales qui peuvent exister, mais de toujours chercher à les combler ou à les dépasser par l’échange et le contact physique.
Le peuple est intelligent. Il sait bien que ceux qui le gouvernent ou aspirent à le faire ne vivent pas, à de rares exceptions, comme lui. Qu’ils n’ont ni les mêmes revenus, ni les mêmes distractions, ni les mêmes perspectives. Il n’attend pas d’eux qu’ils mentent, qu’ils dissimulent leur mode de vie ou, pire, qu’ils singent le sien. Il veut et il attend plus que de «l’écoute» ou de la «proximité» : une envie de comprendre ses problèmes, une honnêteté et une lucidité dans l’analyse politique, du courage dans la décision, une fierté de le représenter, une décence dans l’attitude publique et de la dignité dans l’exercice des fonctions conférées par la République.
Il n’y a pas de fatalité dans ce domaine : ancien banquier chez les frères Rothschild, Henri Emmanuelli n’a jamais été suspecté de «virer à droite»… Pas de fatalité, mais un risque néanmoins réel, pour les dirigeants de gauche, de se couper de ce terreau populaire, de ne plus rechercher ce mélange, cette mixité qui représentent une véritable forme d’hygiène politique. Au bout de la pente, il y a alors pour cette élite le conformisme intellectuel, le manque d’imagination et de volonté politique, une forme de résignation, la tentation d’ériger ses propres intérêts en idéologie dominante.
Vivre parmi les citoyens, parmi les Français au service desquels on s’est placé, au milieu d’eux, avec eux, pas forcément de la même manière, mais avec eux : voilà la solution pour prévenir ce danger, mortel pour la gauche. C’est ce qu’a toujours su faire Lionel Jospin, même lorsqu’il était Premier ministre et encore aujourd’hui qu’il vit de sa pension de retraite d’élu de la République et de diplomate. Cet éloignement du peuple n’est-elle pas à la racine la grave crise de confiance que connaît le pays ? N’est-ce pas la vraie raison du divorce entre Nicolas Sarkozy et les Français ? A la gauche et à ses aspirants candidats de méditer la leçon.

Noam Chomsky

Les dix stratégies de manipulation de masses

1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Sarkozy et son oeuvre

Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net
"Le président de la République actuel a un plan". C'est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l'on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI où il était président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l'appliquer avant-même la loi Hadopi, et prévoit de le parachever avec la Loppsi. Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.
Petit à petit, les pièces du puzzle s'assemblent et l'image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n'a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s'apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet... et les internautes.
Lundi, Le Monde a publié un excellent article sur la prochaine loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi, ou Lopsi 2), qui montre ce que prévoit le nouveau texte commandé par Nicolas Sarkozy : installation de mouchards électroniques sans vérification de leur légalité par les services de l'Etat, légalisation des chevaux de Troie comme mode d'écoute à distance, création d'un super-fichier "Périclès" regroupant de nombreuses données personnelles (numéros de carte grise, permis de conduire, numéros IMEI des téléphones mobiles, factures...), création d'un délit d'usurpation d'identité, pouvoir de géolocaliser les internautes, ...
Sans cesse repoussée, la loi est attendue de pieds fermes par Nicolas Sarkozy. C'est d'ailleurs en partie elle qui a justifié l'obsession du Président à maintenir contre vents et marée la loi Hadopi. Car "le président de la République actuel a un plan". Pour le comprendre, il nous faut accumuler les pièces à conviction. Certaines relèvent très certainement de la paranoïa, d'autres sont véritablement réfléchies par le Président.
Mises bout à bout, elles laissent peu de doute sur la volonté de Nicolas Sarkozy de contrôler le net, aussi bien dans son contenu que dans son infrastructure.
Au commencement, Nicolas Sarkozy voulu devenir Président
Très tôt dans sa carrière politique, Nicolas Sarkozy n'a eu qu'une obsession : devenir président de la République. Et une vision : pour y parvenir, il fallait contrôler les médias. Maire de Neuilly-Sur-Seine, il s'efforce de faire entrer rapidement dans son cercle d'amis proches les Martin Bouygues, Lagardère (père et fils) et autres Dassault qui le conduiront par leur amitié complice au sommet du pouvoir. C'est d'autant plus facile que ces capitaines d'industrie, propriétaires de médias, dépendent pour l'essentiel de leurs revenus des commandes de l'Etat. Entre amis, on sait se rendre des services...
Toute cette énergie de réseautage a été mise au service de son ambition présidentielle. En 2007, c'était la bonne. Première tentative, première victoire. Mais Nicolas Sarkozy a eu chaud. Il avait négligé Internet. A quelques points près, François Bayrou - qui a au contraire beaucoup misé sur Internet pendant la campagne - passait devant Ségolène Royal au premier tour de la Présidentielle, et c'est le leader du MoDem qui se serait retrouvé à l'Elysée.
Il serait faux toutefois de prétendre que Nicolas Sarkozy, qui s'était assuré le soutien du bloggeur Loïc Le Meur (à l'époque le plus influent), s'est aperçu trop tard du pouvoir du net. Fraîchement élu, le président Sarkozy n'avait pas tardé à demander "l'avènement d'un internet civilisé", prônant une "campagne de civilisation des nouveaux réseaux". Le coup de Trafalgar du refus de la Constitution européenne par les Français avait montré pour la première fois au monde politique les limites des médias traditionnels face à Internet, où l'opposition au texte européen fut virulente. Les amis de Nicolas Sarkozy dans les grands médias et l'industrie culturelle l'ont très vite convaincu qu'il fallait faire quelque chose. Lui pour conserver le pouvoir, eux pour limiter cette concurrence gênante. C'est Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) qui s'est chargé des basses oeuvres, sous l'oeil attentif de son président de l'UMP et ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy.
DADVSI et HADOPI : les premières pierres vers le filtrage
Derrière les apparences d'une première loi contre le piratage sur Internet, comme l'avait prédit le journaliste américain Dan Gillmor, c'est une alliance à trois qui s'est formée entre le pouvoir politique, le pouvoir médiatique et l'industrie culturelle. A peine la riposte graduée (déjà) adoptée, RDDV avait prévenu que la loi DADVSI "n'est que le premier d'une longue série d'adaptations de notre droit à l'ère numérique", et qu'il comptait bien s'attaquer "un jour au problème de la presse et de l'Internet". C'était en 2006.
Affaibli par la débâcle de DADVSI, le ministre de la Culture n'a pas eu le temps de mettre son projet en application. Mais l'idée d'accorder un label à la presse professionnelle en ligne et de doter les sites de presse d'un statut particulier opposé aux blogs était née. Nicolas Sarkozy l'a mise en application cette année. Le tout en permettant à la vieille presse papier de bénéficier par ailleurs de substantielles aides de l'Etat, contraires à la libre concurrence, pour investir le net.
Avec la loi Hadopi, qu'il a maintenu jusqu'à mettre en péril la cohésion du groupe UMP, le chef de l'Etat a réussi à imposer à tous les foyers français l'installation d'un "logiciel de sécurisation", qui, sous la forme d'un mouchard, aura pour but de filtrer les sites internet et certains logiciels. Soit de manière franche, en bloquant l'accès à des contenus ou des protocoles. Soit de manière plus sournoise, en mettant en place un système qui met en avant les sites labellisés par l'Hadopi ou par les ministères compétents, pour mieux discréditer les autres. Les sites de presse professionnels feront bien sûr partis un jour des sites labellisés, tandis que la multitude de blogs ou de sites édités par des journalistes non professionnels verront leur crédibilité mise en doute. Pour le moment on ne sait rien du périmètre des caractéristiques imposées par l'Etat aux logiciels de sécurisation, et c'est bien là sujet d'inquiétudes. Il suffira d'étendre par décret la liste des fonctionnalités exigées pour que la censure se fasse de plus en plus large et précise, hors du contrôle du législateur ou du juge.
LOPPSI : le filtrage imposé aux FAI
Si elle prévoit la création de ce logiciel de sécurisation, et suggère fortement son installation, la loi Hadopi ne fait cependant pas de son installation une obligation. Le risque d'inconstitutionnalité serait trop fort. Il faut donc compléter le tableau, en organisant un filtrage au niveau de l'infrastructure du réseau. C'est le rôle de la loi Loppsi, chapeautée par Michèle Alliot-Marie.
Entre autres choses, la Loppsi va imposer aux FAI une obligation de filtrage de résultat. Ils auront le devoir de bloquer l'accès à des sites dont la liste sera déterminée par l'administration, sous le secret. Ce qui n'est pas sans poser d'énormes problèmes dans les quelques pays qui ont déjà mis en place cette idée. Là aussi, une fois mis le pied dans la porte, sous prétexte de lutter contre la pédophilie (une tentation du pathos contre laquelle il faut résister), il suffira d'étendre la liste des exceptions qui donnent droit au filtrage. Ici pour les maisons de disques victimes de piratage, là pour les sites de presse suspectés de diffamation, ou pour les sites de jeux d'argent qui ne payent pas leurs impôts en France. La liste n'aura de limites que l'imagination et l'audace des gouvernants.
Encore faut-il que ces idées de contrôle du net puissent se mettre en place sur le terrain, ce qui nécessite des hommes et des femmes peu regardants. C'est dans cet art que Nicolas Sarkozy excelle le plus.
Le choix des hommes, le triomphe des idées
Dès 2006, Nicolas Sarkozy a compris qu'il aura besoin de verrouiller son gouvernement et les télécoms pour mettre en place son plan de contrôle d'internet. Christine Boutin, qui avait été une farouche et convaincante opposante à la loi DADVSI fin 2005 (au point de faire basculer le vote de certains députés UMP pour la licence globale), et qui avait défendu l'idée d'un internet libre, s'est ensuite mue dans un silence confondant à la reprise des débats en mars 2006. En échange, et entre temps, elle a reçu la promesse de Nicolas Sarkozy d'entrer au gouvernement après les élections présidentielles si elle mettait sa langue dans sa poche. Les deux ont tenu parole.
Président de la République, Nicolas Sarkozy a ainsi composé son gouvernement de manière à accomplir son oeuvre sans opposition interne. Nadine Morano à la Famille, et Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur, n'ont pas eu besoin de forcer leur nature pour prêcher la censure de certains sites Internet ou le filtrage des sites pédophiles ou terroristes. Porte-parole de l'UMP, pilotée par l'Elysée, le lobbyiste Frédéric Lefebvre ne passe plus une semaine sans se confondre en invectives contre Internet, et réclamer le filtrage. En plaçant l'ex-socialiste Eric Besson au numérique, Sarkozy pensait peut-être aussi paralyser les critiques à la fois de son propre camp et de l'opposition, tout en s'assurant le soutien d'un homme qui a troqué ses convictions pour son ambition. En le remplaçant par Nathalie Kosciusko-Morizet, plus rebelle, Sarkozy a pris un risque. Mais il fait aussi un pari. Celui que son frère Pierre Kosciusko-Morizet, président des deux plus gros lobbys français du numérique hostiles au filtrage, serait moins audible dans son opposition si sa soeur est systématiquement suspectée de collusion lorsqu'elle défend le même point de vue. Ce qui n'a pas manqué lorsque PKM a prêché, dans le vide, un moratoire sur la loi Hadopi.
Il a fallu aussi convaincre dans les télécoms. Free, à la nature frondeuse, reste le plus difficile à manipuler pour Nicolas Sarkozy. Il a toutefois trouvé une arme : la quatrième licence 3G. L'opérateur sait qu'elle va être rapidement indispensable pour continuer à concurrencer Bouygues, SFR et Orange, qui peuvent tous proposer des offres regroupant ADSL et mobile. Mais elle est dépendante de la volonté du gouvernement. Très rapidement, Christine Albanel a fait comprendre à Free qu'il devrait être obéissant pour espérer accéder à la fameuse licence. Depuis, le dossier ne cesse d'être repoussé sous des prétextes fumeux, et Free a mis de l'eau dans son vin contre Hadopi et contre le filtrage, dans l'espoir de ne pas hypothéquer ses chances d'avoir accès à la téléphonie mobile.
Pis, Nicolas Sarkozy a fait nommer numéro deux de France Telecom Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, qui ne compte "que des amis" dans la commission qui déterminera le prix de la quatrième licence 3G. L'homme aura également pour mission de mettre en oeuvre le filtrage chez Orange, qu'il dirigera d'ici deux ans.
Le contrôle des institutions ayant leur mot à dire sur le filtrage
Enfin, Nicolas Sarkozy s'est également assuré de contrôler les institutions qui pourraient lui faire de l'ombre. La CNIL, qui s'est opposée à l'Hadopi, n'aura pas le droit de siéger au sein de la haute autorité. Les amendements le proposant ont été refusés. Elle n'a pas non plus eu le droit de publier son avis contre la loi Hadopi, et les deux députés commissaires de la CNIL, tous les deux membres de l'UMP, ont voté pour la loi. L'un des deux, Philippe Gosselin, a même été un farouche défenseur de la loi à l'Assemblée, et sans doute au sein de l'institution. Dans son dernier rapport annuel, la CNIL a dénoncé l'omerta imposée par le gouvernement, et son manque d'indépendance, notamment financière.
Plus directement, Nicolas Sarkozy a également évincé l'autorité de régulation des télécommunications (Arcep) des études sur le filtrage, auquel elle était hostile. Redoutant que l'autorité ne reste trop à l'écoute des professionnels des télécoms et des internautes, le président de la République a récemment mis à la tête de l'Arcep Jean-Ludovic Silicani, l'ancien président du Conseil de la propriété littéraire et artistique (CSPLA). Un homme notoirement favorable au filtrage et à la lutte contre le P2P. Le CSPLA, rattaché au ministère de la Culture, compte par ailleurs parmi ses membres le Professeur Sirenelli, à qui le gouvernement confie quasiment toutes les missions juridiques liées au filtrage depuis quatre ans, avec un résultat certain.
Finalement, c'est au niveau européen que Nicolas Sarkozy compte ses plus forts adversaires. Il a entamé un bras de fer avec le Parlement Européen sur l'amendement Bono, et exerce un lobbying intense sur les Etats membres pour qu'ils refusent de marquer dans le marbre le principe du respect de la neutralité du net, contraire au filtrage. Il peut compter sur le soutien de Silvio Berlusconi, propriétaire de médias, qui met en place exactement le même plan en Italie. Mais il redoute l'opposition des députés européens.
D'où l'importance des élections européennes du 7 juin prochain. De leur résultat dépendera peut-être la réussite ou l'échec du plan mis en place par Nicolas Sarkozy.
Guillaume Champeau - publié le Mercredi 20 Mai 2009 à 09h08 - posté dans Société 2.0

64 875 paluches à serrer


Drôle d'exercice de statistique auquel s'est livré le site américain Business Insider. Tout ému d'avoir été reçu à la Maison Blanche par le président Obama, l'un des éditeurs du site a voulu remettre cette expérience "excitante" en perspective. Conclusion : pas moins de 65 000 personnes vivent ce moment unique chaque année.
Le président américain, Barack Obama, et son homologue chinois, Hu Jintao.
Pour arriver à ce chiffre, les apprentis mathématiciens de Business Insider ont consulté un ancien haut responsable de l'administration présidentielle – un "insider". Que dit cet homme qui a travaillé avec "un prédécesseur de Barack Obama" ?
Un président américain rencontre entre 100 et 250 personnes par jour. "Certains jours, le président rencontre des milliers de personnes, comme lorsqu'il visite l'académie militaire de West Point et qu'il serre la main de chaque officier, ce qui fait environ 1 200 personnes. D'autres jours, il reste à Camp David et ne rencontre quasiment personne", explique le témoin.
Sortons à présent les calculatrices : 100 à 250 donne une moyenne de 175, soit un total annuel de 64 875 paluches à serrer. Ou encore 255 500pour un mandat de quatre ans. Autre conclusion : l'expérience vécue par l'éditeur de Business Insider est partagée chaque année par un Américain sur 4 615.
Si un valeureux commentateur se sent le courage de mener ses calculs pour les 12 ans de mandat de Jacques Chirac, considéré comme le champion toutes catégories, nous sommes preneurs.

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/06/10/statistique-le-president-des-etats-unis-serre-65-000-mains-par-an-business-insider/

jeudi, juin 23, 2011

Blanquette et la présidentielle

Blanquette pense voter une nouvelle fois pour Jacques Chirac si Le Pen est au second tour.

lundi, juin 18, 2007

Arrêt sur images

La chaîne publique a décidé de licencier Daniel Schneidermann, l'animateur depuis douze ans de l'émission Arrêt sur images. France 5 n'a pas fourni d'explication.

Source : http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/261945.FR.php

Certainement la meilleur émission du pauvre PAF. A qui le tour ? Las bas si j'y suis sur France Inter ?
El Luna

mardi, mai 29, 2007

Souriant, décontracté

BORMES-LES-MIMOSAS (AFP) - Le président Nicolas Sarkozy est sorti samedi en fin de matinée du fort de Brégançon pour faire un footing, sous un soleil radieux et par une température supérieure à 20 degrés centigrades.
Vêtu d'un tee-shirt et d'un short bleu marine, des lunettes de soleil d'aviateur sur le nez, le président est sorti à 11H15, accompagné d'une dizaine d'hommes, sous les applaudissements d'une cinquantaine de touristes qui l'attendaient.
Souriant, décontracté, il a serré de nombreuses mains et s'est brièvement arrêté pour se laisser photographier en compagnie de touristes, sans faire de déclarations. Il est ensuite parti en petites foulées sur la route de Cabasson, suivi d'une voiture et d'une moto de sécurité...
Source AFP :

jeudi, mai 10, 2007

C'est lui qui le dit

On ne peut pas se réclamer du général de Gaulle et se comporter comme Silvio Berlusconi. On ne peut pas en appeler à Michelet, à Péguy, à Malraux et barboter dans le mauvais goût d'une quelconque célébrité de la jet-set ou du show-biz. On ne peut pas prononcer des odes à l'Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d'un magnat des affaires. Contrairement à ce qu'il avait annoncé sur un ton grave, Nicolas Sarkozy ne s'est pas retiré du monde pour habiter la fonction présidentielle : entre le Fouquet's, Falcon et palace flottant, il a oublié qu'il venait d'être élu président de la République. Il avait peut-être ses raisons que la raison ignore. Espérons cependant qu'il s'en souviendra, une fois de retour sur le plancher des vaches, et qu'il saura, comme il l'avait promis dans des discours de très haute tenue, incarner la France. Pendant trois jours, il nous a fait honte.

Alain Finkielkraut
philosophe "décomplexé".

Chèvre émissaire

Eh bien oui.Au risque de surprendre, je pense que Ségolène Royal a fait une bonne campagne.
Elle a perdu, c’est entendu.
Et perdu plus lourdement que ne le donnaient à penser, ces derniers mois, les prévisions.
Mais elle a perdu pour des raisons que l’on commence à bien cerner et dont je prétends, moi, qu’elles sont à son honneur.
Elle a été diabolisée, d’abord. On a beaucoup parlé - et on avait raison - de la tentative de diabolisation dont fut victime son adversaire. Mais autrement plus insidieuse, donc plus ruineuse, fut la diabolisation qui l’a poursuivie, elle, depuis ses premiers pas. Incompétente quand elle la fermait ; agressive quand elle l’ouvrait... N’ayant rien à dire quand elle prenait le temps d’écouter ses électeurs ; scandaleuse quand elle rompait le silence (les 35 heures) ou brisait les orthodoxies (ses prises de position, si courageuses, sur le nucléaire iranien ou le Darfour)... Bécassine, enfin, avant son débat avec Sarkozy ; Cruella après et, surtout, pendant - quand elle a commis le crime de lèse-future majesté de l’interrompre, interpeller, ne rien laisser passer, le mettre dans les cordes... Ce n’est plus une femme, gronda la rumeur, c’est une sorcière. Ce n’était plus la douce, la maternelle Ségolène, c’était un bretteur, une tueuse - voyez ces yeux minces où passent des épées de feu ; entendez cette voix de mauvaise sirène, une octave trop haut, si dure... Ah, l’increvable misogynie des Français et souvent, malheureusement, des Françaises ! J’ai aimé, moi, cette dernière image dans ce dernier débat. J’ai aimé la stature qu’elle a prise à cet instant - et la belle droiture qui émanait de son regard et de son port. Elle honorait la gauche, cette droiture. Et elle honorait la France.
Elle a livré bataille, deuxièmement, à un moment d’inflexion, mais encore, hélas, de suspens, où il devenait clair que la vieille stratégie d’union des gauches n’avait plus de chance de l’emporter, mais où la nouvelle stratégie d’alliance avec le centre restait trop insolite, inédite, bref, révolutionnaire , pour passer le cap des hypothèses et retourner, réellement, les esprits. Mme Royal a dit les mots qu’il fallait dire. Elle a fait les gestes qu’il fallait faire. Peut-être, d’ailleurs, le grand débat de la campagne, celui qui restera, celui qui fit bouger les lignes en même temps que, au passage, les liturgies cathodiques, fut-il ce débat avec Bayrou dont elle a pris l’initiative et qui ouvrait, on le verra maintenant très vite, un vrai nouveau chapitre de l’histoire politique française. Mais voilà... Il était trop tôt... On a dit, ici ou là, qu’il était trop tard, que c’est avant qu’il fallait le dire, avant qu’il fallait le faire, etc. Non, voyons. Le contraire. Il était trop tôt dans le siècle. Trop tôt dans l’histoire du pays. Sauf que c’est elle, Mme Royal, qui, trop tôt ou trop tard, l’aura fait. Sauf que, ce big bang rêvé par les uns, annoncé par les autres, c’est elle, et personne d’autre, qui l’aura osé et déclenché. Pour cela, elle restera. Pour cela, même si elle a perdu, elle a gagné.
Et puis il faut bien reconnaître, enfin, que Nicolas Sarkozy a été bon. Vraiment bon. Je veux dire par là qu’il a su surfer, avec un mélange de talent et de cynisme non moins remarquables l’un que l’autre, sur une vague de fond dont il semble que tout le monde ait, à part lui, sous-estimé la terrible puissance. Qui, parmi les commentateurs, avait prévu que l’éloge d’une France qui n’a jamais commis - sic - de crime contre l’humanité puisse faire recette à ce point, douze ans après les paroles de Jacques Chirac reconnaissant, au Vél’ d’Hiv, notre participation au crime nazi ? Qui imaginait de tels hurlements de joie et, au fond, de soulagement chaque fois que fut dit et redit, de meeting en meeting, que la France ex-coloniale n’était coupable de rien, qu’elle n’était en dette vis-à-vis de personne et qu’elle devait être fière, au contraire, de son oeuvre civilisatrice ? Qui, encore, pouvait deviner que le traumatisme de Mai 68 fût resté si vif dans les esprits que l’appel répété à « liquider » - quel mot ! - l’héritage du « parti des voyous et des casseurs » puisse faire jaillir, lui aussi, de tels geysers de fiel, de joie triste et de ressentiment ? Mme Royal a résisté à ce discours. Fidèle à la ligne tenue, sur ces sujets, peu ou prou, par nos deux derniers présidents, elle a tenté d’endiguer ce flot de haine et de rancune. Et, de cela aussi, je lui sais gré.
Je ne parle pas - car seul le mauvais esprit gaulois en a douté - du sang-froid dont elle a fait montre, d’un bout à l’autre de l’aventure.
Je n’insiste pas - encore que le fait fût unique dans notre histoire électorale - sur la double bataille qu’il lui a fallu mener : l’une, publique, contre son adversaire ; l’autre, secrète, contre les siens.
Et je n’évoque que pour mémoire, enfin, le ton et, comme dit un poète qu’elle affectionne, le « frisson nouveau » qu’elle a fait passer dans cette vieille musique socialiste qui n’en finissait pas de mourir et qui n’attendait, peut-être, que ce salutaire coup de grâce.
Tout cela, elle l’a fait. Et il faut espérer que s’en souviennent ceux qui, à partir de ce lundi matin, vont être tentés de se livrer au petit jeu de la chasse à la sorcière ou de la production de la chèvre émissaire.
Ségolène Royal est loin d’avoir dit son dernier mot - et c’est tant mieux
09/05/2007 - Bernard-Henri Lévy - © Le Point

samedi, mai 05, 2007

Plié ?

Un scrutin à l'alchimie complexe
Adroite, Nicolas Sarkozy, 52 ans, candidat de l'UMP, arrivé en tête du premier tour le 22 avril en enregistrant l'une des meilleures performances d'un candidat de droite depuis plus de trente ans. A gauche, Ségolène Royal, 53 ans, candidate du Parti socialiste ayant réussi à égaler le score de François Mitterrand en 1981. Dimanche, environ 44,5 millions d'électeurs départageront les deux finalistes pour en faire le(la) sixième président(e) de la Ve République à l'issue d'une campagne de second tour marquée, surtout, par une chasse assidue aux électeurs du centre. Quoi qu'il advienne, une nouvelle génération fera son entrée à l'Elysée. Et pour la première fois dans l'histoire nationale, une femme est en situation de l'emporter. Si Sarkozy part avec l'avantage de sa pole position, Royal s'est battue avec mordant jusqu'au bout, et en vertu du vieux principe qui prétend qu'une élection n'est gagnée qu'une fois les résultats proclamés, rien n'est exclu. Inventaire des scénarios.
L'arithmétique
Comptons à part, pour l'instant, les électeurs de François Bayrou (6,8 millions de voix, soit 18,57 % des suffrages) et de Jean-Marie Le Pen (3,8 millions de voix, 10,44 %) puisque le premier n'a pas donné de consigne de vote et le second a appelé ses électeurs à s'abstenir massivement. Avec 31,18 % des suffrages (11,4 millions de voix), Nicolas Sarkozy aligne une avance de plus de cinq points sur sa rivale. C'est confortable. Il dispose aussi des reports quasiment assurés du Vendéen Philippe de Villiers (2,23 %), qui a appelé ses électeurs à voter pour lui, et de ceux de l'ami des ruraux Frédéric Nihous (Chasse Pêche Nature Traditions), qui a demandé aux siens de... «rejeter l'écologie punitive inspirée par les Verts». Soit un capital virtuel de 34,56 % de voix.
De son côté, Ségolène Royal (9,5 millions de voix, 25,87 %) a reçu, de façon implicite (Olivier Besancenot, José Bové) ou explicite (Marie-George Buffet, Dominique Voynet, et même, plus surprenant, Arlette Laguiller), le soutien de l'extrême gauche, du PCF et des Verts, soit un minipactole de 36,1 % de suffrages, un poil plus que son adversaire. En théorie, le jeu est donc ouvert, et le second tour n'a rien d'inéluctable à la seule lecture des résultats du premier. En gros, à taux d'abstention analogue, chacun des deux finalistes doit séduire plus de 5 millions de nouveaux électeurs pour franchir, dimanche, la barre fatidique des 50 % des voix.
Les voix FN, indispensables à Sarkozy
Le candidat de l'UMP, qui a beaucoup fait pour, ne doute pas de récupérer une grande majorité des électeurs lepénistes. Après avoir siphonné le pactole électoral de Le Pen au premier tour, il espère achever le travail au second. Le raisonnement se tient. La disparition de Jacques Chirac du paysage politique, qui indisposait tant le président du Front national, est un élément de nature à ramener les électeurs d'extrême droite vers la droite parlementaire. Le braconnage de Sarkozy, qui s'est révélé efficace le 22 avril, n'a guère de raison de ne pas se poursuivre, malgré les appels à l'abstention du candidat Le Pen. Une majorité des suffrages frontistes devrait donc revenir à l'ancien ministre de l'Intérieur. Mais une minorité lui échappera. Il y a d'abord les inconditionnels du chef, qui font ce que Le Pen leur dit de faire ­ en l'occurrence bouder les urnes le 6 mai. Il y a ceux qui, ne voulant pas de Sarkozy au premier tour, n'en voudront pas plus au second, insatisfaits de son bilan sécuritaire Place Beauvau. Enfin, comme l'a relevé le démographe Hervé Le Bras dans les colonnes de Libération, le 24 avril, les scores lepénistes ont moins baissé entre 2002 et 2007 dans le nord de la France qu'au sud de la Loire. Or dans le Nord, les électeurs frontistes, d'origine ouvrière, reviennent plus volontiers vers la gauche que vers la droite.
La drague des centristes
Courtisés par le candidat de l'UMP, qui a exhibé quelques-uns de ses soutiens en meeting, cajolés par Ségolène Royal, qui n'en finit pas de lancer des appels répétés à leur encontre, les centristes détiendront, dimanche, la clef des urnes. Et de fait, François Bayrou et ses 6,8 millions d'électeurs sont le butin le plus convoité de la campagne. Précieux, ils sont aussi à manipuler avec précaution : à trop en faire avec les centristes, Sarkozy comme Royal verraient fuir leurs extrêmes vers l'abstention ou le vote blanc.
Centristes historiques, chiraquiens méfiants, socialistes dubitatifs devant la campagne de Ségolène Royal, électeurs convaincus par les arguments antisystème développés à l'envi par le président de l'UDF, l'électorat de François Bayrou est suffisamment divers pour réserver son lot de surprises. Une moitié est composée de la base centriste traditionnelle, une droite démocrate-chrétienne bon teint, favorablement impressionnée par la percée d'un des leurs après des années électorales de vaches maigres. Ceux-là devraient rejoindre en majorité et sans état d'âme Nicolas Sarkozy, comme l'ont déjà rejoint la quasi-totalité des 29 députés centristes. Le comportement des autres courants du bayrouisme est plus imprévisible. Il y a dedans une proportion de gens de gauche, peu enthousiasmés par le profil de Ségolène Royal. Une partie reviendra vers la candidate socialiste, mais dans quelle proportion ? Il y a, enfin, des électeurs de droite foncièrement antisarkozystes, qui persisteront dans leur refus du président de l'UMP.
Dans ce kaléidoscope de voix, que pèseront les semi-confidences de leur champion, soufflant qu'il ne votera pas pour Sarkozy ? Sans doute leur choix n'aura-t-il pas seulement une incidence sur l'issue du scrutin ­ déterminer le gagnant ­, mais aussi sur la suite des événements. Même si Ségolène Royal devait perdre, un report massif sur son nom des électeurs de François Bayrou aurait des conséquences sur l'avenir de la gauche sociale-démocrate.
L'abstention
La participation est traditionnellement plus forte au second tour qu'au premier ­ même en 2002, où pourtant l'offre (entre Chirac et Le Pen) était des plus réduites. Or le 22 avril, celle-ci a été exceptionnelle, l'un des records de la Ve République. Ce sursaut civique a bénéficié à tous les candidats, au point qu'aucun d'eux n'a cru bon de se livrer au rituel de l'«appel aux abstentionnistes du premier tour».
Si cet enthousiasme citoyen devait se confirmer dimanche, il indiquerait une possible réconciliation des Français avec la vie politique et leurs représentants. Ce ne serait pas un maigre résultat de cette cuvée présidentielle.
Les chiffres et la lettre
Au-delà des additions et soustractions, une élection est une opération complexe, où se mêlent psychologie nationale, volonté collective de changement, apurement des comptes du passé. C'est au final cette alchimie qui fera le résultat du 6 mai. D'un côté, un candidat UMP très préparé, depuis cinq ans qu'il mûrit sa campagne, gros bosseur, homme de dossiers autant que de réseaux, qui longtemps a travaillé l'opinion pour la convaincre qu'il était crédible et taillé pour le rôle présidentiel. De l'autre, une candidate PS plus fraîche dans les premiers rôles, qui a, au risque de surprendre, tenté un autre style de campagne, moins précis mais plus audacieux. Il y aura dimanche ­ c'est un truisme ­ un(e) gagnant(e) et un(e) perdant(e), mais il existe plusieurs façons de perdre, et de gagner. Le score du ou de la battu(e) sera, lui aussi, déterminant pour l'évolution du paysage politique français.
Source : http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/251886.FR.php

vendredi, mai 04, 2007

Allez-vous vraiment faire ça ?


Alors, vous allez vraiment faire ça ?
Vous les plus purs que d’autres, les plus intelligents que d’autres, vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui?
Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ?
Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ? Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ?
Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés, les laves plus blancs que blanc vous allez faire ça ?
Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que talons hauts? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d’oreilles? Parce que vraie ?
Il n’y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas cinquante propositions sur les cents ? Pas vingt ? Pas dix ? Pas une ? Vraiment, rien du tout ?
Trop de quoi ? Pas assez de quoi?
Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne à gauche toute ?
Mais même l’extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour ne joue plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ?
Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007, mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième. C’est plus chic.
Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu’il leur ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies, que ceux-là l’acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C’est même estimable.
Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d’ailleurs, loin s’en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse, qu’on a vu se si nombreux, si heureux, à Bercy avant hier, qu’ils votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies, c’est moins estimable, mais quoi de plus normal ?
Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment rien? Mais qu’est-ce qui vous fait si peur ?
Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés d’Aznar, et voilà que nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat de la droite dure ?
Il y a un pari à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ?
Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires. Ce ne peut-être du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.
Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre qu’il a manqué une voix ? Une seule. La votre.
Je vous en supplie.

Ariane Mnouchkine

mardi, mai 01, 2007

Loufoque

Mai 68 s’invite dans le débat présidentiel quelques jours avant le second tour. Après que Nicolas Sarkozy a accusé dimanche le mouvement protestataire d'avoir détruit les valeurs, la hiérarchie et s’est demandé ouvertement si cet héritage «doit être liquidé une bonne fois pour toute», Dominique Strauss-Kahn a souligné lundi qu' «il n'y avait aucune raison que nous soyons honteux de 1968», un mouvement selon lui porteur de «nouvelles libertés». «Je n'aimerais pas une société qui soit le contraire des idéaux de Mai 68. Il n'y a aucune raison que nous soyons honteux de 1968. Je ne renie pas ces valeurs, même si évidemment c'était souvent un peu loufoque».

Source : http://www.20minutes.fr/article/155058/20070501-France-Faut-il-enterrer-mai-68.php

lundi, avril 30, 2007

1/4 de tour à droite

Un bon article du "puni" bayrouiste

Extrait : C'est tout l'éventail politique français qui s'est «droitisé», spectaculairement côté droite, cela va de soi, moins ouvertement mais substantiellement côté gauche.
Alain Duhamel

Source : http://www.liberation.fr/rebonds/248268.FR.php

dimanche, avril 29, 2007

Une usine, c'est beau !

"Une usine, c'est beau, il y a du bruit, ça vit, il n'y a personne qui se sent seul"
Nicolas Sarkozy à Valenciennes

Source : http://www.afp.com/francais/news/stories/070428192821.o67f3o7d.html

samedi, avril 28, 2007

Mouches

Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l'élection présidentielle, s'est plaint auprès de Plantu de la façon dont le caricaturiste du Monde le dessinait, rapporte le quotidien dans son édition du week-end.
Le lendemain, Plantu a dessiné trois mouches.

Source : http://www.metrofrance.com/fr/article/afp/2007/04/28/070428155806_u0forn8q/index.xml

vendredi, avril 27, 2007

Nicolas Hulot ne penche pas



Nicolas Hulot dément pencher vers Ségolène Royal
AP | 27.04.2007 | 14:50
Nicolas Hulot a démenti vendredi les propos que lui prête "Le Parisien/Aujourd'hui en France", selon lesquels il serait plus favorable à Ségolène Royal qu'à Nicolas Sarkozy, demandant qu'on respecte son "indépendance" politique.
"Il faut être clair. Je n'ai tenu aucun propos qui puisse être interprété en ce sens, en public et en privé", a déclaré le militant écologiste sur France-Inter.
Dans son édition de vendredi "Le Parisien/Aujourd'hui en France" cite des propos attribués à l'animateur de télévision: "Ségolène Royal a ratifié 80% du Pacte écologique, Nicolas Sarkozy 40%. Et comme j'ai toujours dit que je me déterminerai personnellement en fonction du taux d'adhésion des candidats au pacte, à vous d'imaginer pour qui je voterai!".
"Je n'ai en aucun cas tenu les propos que 'Le Parisien' me prête aujourd'hui et qui me mettent dans une situation très ambiguë", a tenu à préciser le militant écologiste. "Qui serais-je pour me substituer aux consciences des gens?", a-t-il ajouté, soulignant que "85% des Français ont voté au premier tour, ils n'ont pas besoin de Nicolas Hulot pour savoir pour qui voter". "Je n'ai pas, en faisant une analyse globale, à donner en creux une indication".
"Je suis, c'est vrai, un peu furieux parce que je m'étais fixé cette ligne de conduite de ne plus intervenir", a également affirmé Nicolas Hulot. "On parle à ma place, et là je demande très solennellement aux gens de respecter mon indépendance, de la comprendre et, notamment aux états-majors politiques comme aux journalistes, de bien vouloir respecter cette ligne de conduite". AP
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20070427.FAP8769/nicolas_hulot_dement_pencher_vers_segolene_royal.html

La France exaspérée

Nicolas Sarkozy, homme de droite sous tous les profils
Extraits :
Entre tactique et convictions, le candidat de l'UMP n'a plus aucun tabou.
Un monde divisé entre le bien et le mal, comme le voient les néoconservateurs. De l'émotion à toutes les sauces, comme dans une émission de télé-réalité ( «A l'enterrement d'un gendarme, son petit garçon de 5 ans m'a tiré par la manche et m'a dit : "Sors-le de la boîte." On ne sort pas indemne d'une telle scène», dit par exemple Nicolas Sarkozy dans Paris Match de cette semaine). Des boucs émissaires à profusion : les «voyous», les Rmistes, les assistés... Un besoin constant de stigmatiser les plus faibles dans la société ou ceux qui «égorgent des moutons dans la baignoire». Des oeillades permanentes à l'extrême droite comme lorsqu'il cite Rivarol dans ses discours... Ainsi va Nicolas Sarkozy en cette campagne au nom de la «lutte contre la pensée unique». Celle, qui «prétend penser à la place des Français, prétend décider pour tous les autres, prétend tout savoir mais ne cesse de se tromper sans pouvoir se remettre en cause», a-t-il dit à Lille en meeting le 28 mars.
De même, le chroniqueur revenait sur les propos tenus par Sarkozy lors d'un entretien avec le philosophe Michel Onfray pour Philosophie magazine d'avril : «J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile.» Toujours à propos de génétique, l'ex-ministre ajoute : «Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable.» Ces propos ont fait bondir François Bayrou qui les a trouvé «terriblement inquiétants» et «glaçants» . Ségolène Royal, elle, s'est contentée d'un simple : «Je laisse les scientifiques répondre» .
Pour Sarkozy, seuls les «tenants de la pensée unique» peuvent voir dans ces affirmations des «dérapages». Pour lui, ce ne sont que «des convictions», des «vérités étouffées». Et c'est précisément selon lui «parce que l'on ne parle pas de ces sujets» que la «crise morale française» a prospéré. Nicolas Sarkozy fait le pari que si il investit ce terrain en lieu et place de Le Pen, cela ramènera vers lui les électeurs frontistes et plus largement ceux de la «France exaspérée».
Article complet à :